De la série Off Campus aux universités américaines : le guide en 5 questions

Off Campus suscite un véritable enthousiasme : c’est la série dont tout le monde parle. Ces derniers temps, l’adaptation des romans de la saga d’Elle Kennedy alimente largement les discussions sur les fils BookTok et TikTok. Sans même avoir vu un épisode, vous êtes sûrement déjà tombé sur les tendances liées à Briar University, l’université du Massachusetts au cœur du récit.

On y retrouve toute l’ambiance du campus : des cours aux chambres universitaires, en passant par la cafétéria, les soirées, les événements et les jobs étudiants. En Belgique, le quotidien à la fac est souvent bien éloigné de ce modèle. De quoi faire envie à pas mal de jeunes Belges – et à leurs parents.

Mais comment transformer cette envie en un vrai parcours d’études ? De la fiction au terrain, on fait le point en cinq questions.

N°1 Comment la série événement de Prime Video réussit-elle à rendre le quotidien universitaire si attrayant ?

Basée sur le tome 1 The Deal, la première saison d’Off Campus – disponible en Belgique depuis mai 2026 sur Prime Video – centre son histoire sur le duo formé par Hannah Wells, étudiante en musique réticente au sport, et Garrett Graham, star de l’équipe de hockey de Briar.

Si leur relation surprenante retient l’attention, la réussite de la série s’appuie aussi sur son cadre. La romance utilise les codes du genre pour valoriser une routine et une vie collective propres aux universités américaines.

Le phénomène Off Campus : entre romance universitaire et passage à l’âge adulte

Pour Teen Vogue, la série séduit parce qu’elle illustre un moment de transition marquant. Louisa Levy, qui a cocréé l’adaptation pour Prime Video avec Gina Fattore, décrit les années universitaires comme une « magical bubble » – une bulle magique où l’on quitte progressivement l’adolescence sans avoir encore endossé toutes les responsabilités de l’âge adulte.

À l’écran, ce cap se traduit par l’évolution des deux personnages : Hannah apprend à se construire seule, tandis que Garrett fait face aux attentes de son équipe de hockey. Portée par un rythme de feuilleton très efficace, la série est décrite par The Guardian comme « soapy, spicy and incredibly moreish » (addictive et riche en rebondissements). D’après le média Decider, cette dynamique rappelle même la structure de la série “Les Frères Scott” (One Tree Hill), transposée à l’univers de la fac.

Routine et vie en communauté : la simplicité réaliste de Briar

Contrairement à des fictions comme Elite, Gossip Girl ou Euphoria, centrées sur le luxe et les excès, Off Campus montre un environnement plus ancré dans le concret. La série s’attarde sur les détails de la vie étudiante : se rendre en cours à pied, travailler à la cafétéria ou à la bibliothèque, enchaîner les entraînements et partager les repas du soir.

Cette simplicité rend l’université de Briar beaucoup plus crédible, surtout pour un regard européen. Dès lors, on s’identifie facilement à cet univers à échelle humaine où les cours et les révisions font vraiment partie du décor.

L’université fonctionne ainsi comme une petite ville où les étudiants vivent en communauté. C’est cet esprit de groupe qui crée le sentiment d’appartenance et fait tout le charme de la série.

Le témoignage de Clémence sur ses études supérieures aux USA montre ce que cette « bulle » signifie au quotidien. Après trois premières semaines difficiles, elle s’est vite sentie chez elle sur le campus. Elle retrouvait les mêmes amis en cours, à la cafétéria, lors des sorties et pendant les révisions. En période d’examens, les bibliothèques restaient ouvertes toute la nuit et la cafétéria organisait un Midnight Breakfast pour permettre aux étudiants de souffler ensemble. Partie pour une année, elle est finalement restée quatre ans.

N°2 De Briar University à la réalité : quel campus est fait pour vous ?

Vous comptiez déjà postuler à Briar University ? Elle Kennedy situe son histoire dans le Massachusetts, mais l’université est fictive ; la série a d’ailleurs été tournée du côté de Vancouver.

Pour autant, l’expérience montrée dans Off Campus s’inspire bien du système universitaire américain. Ce quotidien type varie toutefois fortement selon la taille, le statut public ou privé, et l’implantation géographique de l’université.

Le mythe de l’Ivy League et la réalité des universités publiques

Les études aux États-Unis évoquent souvent des noms célèbres comme Harvard, Yale ou Princeton. Ces institutions comptent parmi les huit universités privées du Nord-Est réunies au sein de l’Ivy League*. Dans l’univers imaginé par Elle Kennedy, Briar appartient également à ce groupe. La fiction lui donne ainsi l’aura de l’Ivy League, tout en montrant une vie étudiante simple, collective et facile à se représenter. Ce mélange séduit, mais alimente aussi les discussions de certains fans sur le réalisme de Briar.

Dans les faits, les universités de l’Ivy League restent extrêmement sélectives, notamment pour un candidat international directement après le bac. Elles ne résument pas le système américain. Les États-Unis comptent plusieurs milliers d’établissements d’enseignement supérieur, dont de nombreuses universités publiques proposant des cursus réputés, des moyens importants et une véritable vie de campus. Leurs conditions d’admission sont souvent plus accessibles.

*Le saviez-vous ? Aujourd’hui, l’Ivy League incarne jusqu’en Europe l’excellence et la réussite universitaire américaines. À l’origine, ce nom désigne une conférence sportive réunissant huit universités privées du Nord-Est, officialisée en 1954. Le prestige académique de ces établissements lui a ensuite donné la portée que nous lui connaissons.

Une diversité de campus adaptée à vos projets

De son ancrage local aux infrastructures, chaque campus propose un écosystème à part entière. Dans les college towns, toute la vie locale s’organise autour de l’établissement. Résidences, bâtiments universitaires et lieux de loisirs se concentrent dans un périmètre restreint. À l’inverse, les campus métropolitains se fondent dans la ville et rapprochent les étudiants des opportunités économiques et professionnelles d’une grande métropole.

Chez PIE, la plupart des témoignages sur les premiers jours sur un campus américain illustrent concrètement ces différences. À Southern Utah University, Juliane a plongé d’emblée dans la vie de campus entre sorties nature, amitiés internationales et premier match de foot américain. Pour Kessy (Snow College), c’est l’atmosphère familiale et le cadre réconfortant du campus qui ont balayé toutes ses appréhensions. De son côté, Marylou (North Carolina Wesleyan) a surtout retenu la disponibilité des professeurs, les « office hours » et un rythme collectif si intense qu’elle n’avait plus une minute à elle.

Les infrastructures s’adaptent aussi aux spécialités de chaque établissement : certaines universités mettent l’accent sur les laboratoires de recherche scientifique, d’autres sur les complexes sportifs ou les espaces de création artistique. Ces investissements déterminent directement les ressources mises à votre disposition, les projets auxquels vous pourrez participer et le réseau que vous vous constituerez.

N°3 Université aux États-Unis : quel est le coût réel des études ?

Dans Off Campus, la question budgétaire s’invite directement dans l’intrigue : Hannah cherche à décrocher une bourse d’études en chant pour soulager financièrement ses parents. Dans la réalité, le budget annuel affiché par une université américaine a de quoi impressionner.

Pour l’année 2025-2026, il atteint en moyenne 50 920 $ dans une université publique pour un étudiant venant d’un autre État, et 65 470 $ dans le privé à but non lucratif. Ces montants réunissent la scolarité, le logement, les repas et les dépenses courantes estimées. Ils sont calculés avant les éventuelles bourses accordées par l’établissement.

Autonomes dans leur gestion, les universités américaines proposent des aides destinées à attirer différents profils, y compris parmi les étudiants internationaux. Le montant réellement payé peut donc être très inférieur au budget annoncé.

En Belgique, les droits d’inscription à l’université (le minerval) dépendent des revenus du ménage : pour l’année académique 2026-2027, le tarif plein pour un bachelier s’élève à 1 194 €, tandis que les étudiants de condition modeste ou intermédiaire bénéficient de taux réduits allant de 0 € à 835 €. Le coût réel apparaît surtout lorsqu’un jeune quitte le domicile familial pour se loger à proximité de son campus. Le coût d’un “kot” et les dépenses courantes représentent alors entre 8 000 et 12 000 € par an, avant les éventuels frais d’un établissement privé.

Le budget américain additionne des postes souvent présentés séparément en Europe. La formule tuition, room and board réunit ainsi la scolarité, l’hébergement et les repas.

Dans les universités partenaires de Go Campus, le coût initial se situe entre 21 000 et 70 000 $ par an. La bourse attachée au programme réduit généralement cette somme de près de moitié. Au 1er octobre 2025, les étudiants PIE déboursaient autour de 18 000 $ par an en moyenne, avec des propositions à partir de 13 500 $, logement et repas inclus.

Notre article complet sur le coût réel des études universitaires aux USA détaille cette comparaison avec le budget d’un étudiant installé loin de sa famille en France.

N°4 Un étudiant Belge peut-il vraiment travailler sur le campus pour financer sa vie quotidienne ?

À Briar, travailler à la cafétéria ou au complexe sportif fait pleinement partie du quotidien des étudiants. Dans la réalité, ce type de petit boulot sur place est tout aussi courant, mais obéit à des règles précises pour un étudiant étranger titulaire d’un visa F-1.

En Belgique, travailler durant ses études implique souvent de composer avec un employeur privé extérieur, d’enchaîner des horaires le soir ou le week-end et de perdre du temps dans les transports. C’est généralement à l’étudiant d’adapter son emploi du temps aux contraintes du travail, parfois au détriment de ses révisions.

Sur un campus américain, les jobs étudiants couvrent des domaines variés : bibliothèque, laboratoire, services administratifs, restauration universitaire, tutorat ou équipements sportifs. Exercés sur place, ces postes limitent les trajets vers une entreprise extérieure et facilitent l’organisation avec les cours.

Avec un visa F-1, vous pouvez travailler sur le campus jusqu’à 20 heures par semaine pendant les périodes de cours. Les règles suivantes s’appliquent :

  • Le temps plein est autorisé durant certaines vacances universitaires, sous réserve de rester inscrit pour la rentrée suivante;
  • L’emploi peut dépendre directement de l’université ou d’un service présent sur le campus et destiné aux étudiants;
  • Les horaires restent toutefois soumis aux exigences du poste et du service concerné;
  • Aucun emploi ni aménagement particulier pendant les partiels n’est garanti.

Octave en a fait l’expérience à Webster University. Dans son témoignage sur les opportunités offertes par son université, il explique que les étudiants reçoivent régulièrement par e-mail des offres d’emploi sur le campus. Il a lui-même obtenu un poste de Resident Assistant pour l’année suivante.

Ce revenu peut couvrir une partie des dépenses courantes. Mieux vaut donc le considérer comme un complément plutôt que comme la base du financement de votre année.

N°5 Partir aux États-Unis après le bac : comment rejoindre un campus universitaire ?

 À l’image des personnages d’Off Campus qui font leurs premiers pas sur le campus après le secondaire, l’aventure américaine peut commencer dès l’obtention du CESS. Vous n’avez pas besoin d’attendre d’avoir validé deux ou trois années d’études en Belgique ou de parler un anglais irréprochable : de nombreuses universités accueillent les étudiants internationaux dès l’entrée en Bachelor, un cursus généralement organisé sur quatre ans.

Quelle que soit la démarche choisie pour postuler, les universités américaines abordent la candidature selon une logique différente du système Belge. De nombreux établissements suivent les principes de la holistic review, une évaluation globale de votre profil.

Notes, activités, motivation : comment votre candidature est-elle étudiée ?

Pour évaluer votre candidature sous tous ses angles, la commission d’admission étudie généralement votre dossier à travers trois axes complémentaires :

  • La dimension académique : vos bulletins de lycée et votre progression globale sont analysés pour évaluer votre sérieux. Vos notes peuvent être converties en GPA selon la méthode appliquée par l’établissement. L’obtention du bac vous permet de postuler, mais chaque université fixe ses propres critères d’admission.
  • L’engagement sportif ou culturel : si vous jouez au hockey comme Garrett ou étudiez la musique comme Hannah, ces disciplines peuvent être prises en compte. Vos heures d’entraînement, vos projets artistiques ou votre investissement associatif et bénévole apportent des informations concrètes sur votre profil.
  • La personnalité et la motivation : à travers vos lettres de recommandation et vos rédactions personnelles, les essays, les examinateurs cherchent à comprendre vos ambitions, vos centres d’intérêt et votre capacité à vous intégrer dans leur communauté.

L’ensemble de ces éléments aide la commission à apprécier votre candidature et la place que vous pourriez prendre dans la vie du campus.

Candidature directe ou via Go Campus : quelle méthode choisir ?

L’un des principaux obstacles pour les élèves belges reste le calendrier et la méthode. Alors que leurs homologues français se concentrent sur la plateforme Parcoursup au deuxième trimestre de Terminale, les élèves belges doivent anticiper leurs démarches pour les États-Unis dès la rentrée de septembre de leur année de Rhétos. La méthode de candidature change ensuite selon la voie que vous empruntez.

Candidater seul : un travail sur mesure pour chaque université

  • Multiplication des démarches : vous devez concevoir autant de dossiers que d’universités visées, avec des essays différents pour répondre aux questions spécifiques de chaque établissement.
  • Gestion de plusieurs calendriers : il faut adapter vos pièces justificatives, suivre les échéances propres à chaque université et régler des frais de dossier à chaque envoi.
  • Demandes d’aides financières séparées : vous devez rechercher les bourses accessibles et suivre la procédure prévue par chaque établissement.

Le programme Go Campus : la centralisation par un dossier unique

  • Candidature unique : créé par l’association PIE, le programme évite de remplir un nouveau dossier pour chaque université partenaire.
  • Orientation ciblée : l’association recherche les options correspondant à votre budget maximum, à votre niveau d’anglais et à votre filière.
  • Visibilité financière avant le départ : les propositions d’admission précisent le montant de la bourse ainsi que le coût de la scolarité, du logement et des repas.
  • Accompagnement linguistique : si votre niveau d’anglais nécessite un soutien, certaines universités proposent des programmes de mise à niveau en anglais, ou ESL.

Avec le programme Go Campus, PIE centralise les candidatures auprès de ses universités partenaires. La candidature directe, elle, convient surtout aux étudiants qui souhaitent cibler un ou deux établissements très précis en dehors de ce réseau.

En définitive, l’engouement autour d’Off Campus en Belgique peut avoir un effet très concret : vous faire envisager un départ aux États-Unis alors que cette idée ne vous avait jamais traversé l’esprit.

Vous êtes motivé pour passer du statut de simple spectateur… à celui d’étudiant sur un véritable campus américain ? Du budget à la candidature, vous savez maintenant que le système américain est bien plus accessible qu’il n’y paraît.