Un œil critique sur HIGH SCHOOL RADICAL, de Max Laulom — Par Xavier BACHELOT, 3.14
TO BE OR NOT TO BE EMPATHETIC — Max Laulom a vécu une année scolaire aux États-Unis en 2014-2015. Dix ans après son séjour, le même Max choisit de revenir sur sa terre d’accueil, Owasso Oklahoma, pour, dit-il, « savoir si oui ou non [il] peut toujours [s’]entendre avec [ses] potes trumpistes ! » La question évoluera doucement, au fil des épisodes, pour se transformer finalement en quelque chose comme : « Est-ce que j’ai encore envie de voir ces gens ? » Cette interrogation, d’ordre moral, nourrissant le dilemme tragique du réalisateur/héros, lequel oscille en permanence entre l’empathie et le rejet d’un monde qu’il a tant aimé.
Beau sujet, mais sujet traité d’emblée de façon un brin simpliste, en ce sens qu’il est établi sur le présupposé qu’en dix années l’Amérique a changé du tout au tout, et sans que jamais cette donnée ne soit lue et mise en perspective, au regard de celui qui l’énonce, à savoir, le personnage principal de cette auto-fiction documentaire : Max en personne.

Il saute aux yeux, et ce dès les premières images, que la série va faire de Max bien plus que de l’Amérique son sujet central. Cela va s’avérer et se confirmer, tout au long du visionnage, aussi bien sur le fond que sur la forme. On dira du film qu’il est bien ficelé et bien de son temps, car, d’emblée, il adopte tous les codes en vogue des productions type “vlog”, conçues au départ pour les réseaux sociaux : ton à la « bref », diction (type école de journalisme) qui veille à taper sur chaque syllabe, usage obsessionnel des termes «hyper», «trop» ou «en fait», montage cut et par moment ultra serré, prise de vue en mode selfie (en voiture de préférence), filmage autocentré donc un brin nombriliste, le tout par un réalisateur=acteur=filmeur=monteur… de ses propres déambulations… miroir supposé de sa psyché.
Simpliste en ce sens aussi qu’en guise de gimmick, ledit réalisateur/interviewer demande à tous ses personnages de choisir entre deux casquettes (la bleue ou la rouge), autrement dit de se positionner en pro ou en anti Trump, et de faire de ce positionnement, quelque peu contraint par la méthode, l’alpha et l’oméga de leur pensée. En agissant ainsi, quelle place laisse-t-il, par exemple, à celui ou celle qui ne se sent ni fan de « Trump » ni partisan de « Harris » ?
Le film est intéressant car il dévoile, dans un contexte de vie quotidienne (école et famille) un malaise prégnant de la société US, lequel touche à la radicalisation et à une violence verbale et physique de plus en plus décomplexée. Pour autant il le fait de façon grossière, au sens où tout est un peu survolé (exemple : épisode du stand de tir avec un présupposé gars dangereux) et pas forcément très documenté (ne serait-ce que parce qu’aucune référence n’est faite à l’Amérique d’avant Max) !
Ce que le regard naïf du réalisateur occulte c’est la réalité du monde de 2015, une réalité que le Max de l’époque a refusé de voir (ou n’a tout simplement pas pu voir) dans sa globalité et sa complexité.
Loin de nous l’idée de croire qu’en dix années l’Amérique n’a pas changé, que la parole ne s’est pas libérée —au mauvais sens du terme (en ce qu’elle est devenue plus raciste et plus ouvertement violente) et au point même de toucher à l’insupportable—, mais quiconque connait le pays sait qu’à l’instar de tant d’autres (voire de tous les pays), il a non seulement toujours contenu en germes cette violence, mais que par le passé il l’a exprimée et déclinée à l’extrême : on pense à l’esclavage, à la ségrégation, aux racismes en tout genre, au KKK, aux lynchages, au Maccarthysme, au port et à l’usage des armes à feu, aux « Mass Murders » et aux « Murders » tout court, aux conflits politiques et sociaux (Human Rights, Vietnam, assassinats politiques, Black Lives Matter, etc.). Mais on sait aussi que ce pays, adepte des contre-cultures, a en parallèle une réelle capacité à témoigner de cette violence (notamment à travers le cinéma*… et bien plus que nous ne le faisons en Europe), une capacité à réagir avec vigueur et à savoir prendre la tangente.

Ce que le regard naïf du réalisateur occulte c’est la réalité du monde de 2015, une réalité que le Max de l’époque a refusé de voir (ou n’a tout simplement pas pu voir) dans sa globalité et sa complexité. À juste titre certainement : d’abord parce qu’il était adolescent, et ensuite et surtout parce qu’il lui fallait à tout prix s’intégrer. Mais, quoi qu’en pense le Max d’aujourd’hui, l’Amérique de 2014-2015 était déjà et depuis bien longtemps (l’origine en fait) un monde d’armes à feu et de tensions, et de violences ; elle était, qui plus est, celle d’un Obama en toute fin de règne et d’un trumpisme plus que naissant, donc déjà dans une forme de bascule. Le film, parce qu’il est conçu en mode selfie/miroir n’aborde qu’en surface la question sociale et géopolitique, en oubliant de préciser que l’Oklahoma, qui se situe historiquement dans le top cinq des États républicains a, de tout temps (y compris du temps de Max adolescent !), été ultra conservateur, et qu’il est même le seul État dont tous les cantons sans exception ont voté Trump en 2024. Il est intéressant à ce niveau de noter que Max adhère totalement au discours de ses « potes trumpistes » (comme il les appelle) quand ces derniers lui expliquent que dans les années précédant l’arrivée de Trump 2, ils ont tout perdu (confort, niveau de vie, conditions de travail…) alors que ce discours est en lui-même, de par son aspect caricatural, très empreint d’idéologie, voire de démagogie (puisqu’il fait fi, entre autres, des cinq ans de Trump 1, de la situation globale d’un État toujours pauvre et défavorisé par rapport au reste du pays, de la crise Enron à l’aube des années 2000 et de celle des subprimes en fin de décennie, etc., etc.). Il fait cela pour justifier l’attitude et les propos de ses amis, alors qu’il pourrait très bien critiquer avec des arguments objectifs leur approche, et démontrer une forme d’absurdité dans le fait d’emprunter pour de fausses raisons la voie de la radicalisation. Les interroger et dialoguer , entre autres, sur l’attaque du Capitole de janvier 2021 ou sur les errances du premier mandat Trump (mise en cause des résultats des élections, suites du Covid, guerres commerciales, relations complaisantes à Poutine, fiasco sur le nucléaire iranien et sur la Corée du Nord retraits des traités internationaux…) aurait été plus fructueux que de leur demander, sans débattre, de choisir une casquette !
Ce qui apparaît à l’évidence au fur et à mesure du visionnage de High School Radical c’est qu’il s’agit donc bien plus d’un film sur l’évolution de Max que d’un film sur l’évolution de l’Amérique. C’est Max avant tout qui a changé en dix ans….
Une terre que Max a cru comprendre et assimiler, mais qui n’a jamais existé que dans son rêve —au demeurant bien légitime— d’adolescent candide.
On en veut pour preuve que si, en 2014, Max avait posé à tous ses amis et à son entourage la question de savoir s’ils étaient pro ou anti Obama (puisque la question Trump ne se posait pas encore), ces derniers auraient sans aucun doute fait preuve de la même radicalité : tous auraient rejeté la casquette bleue. Dans le même ordre d’idée, il serait très intéressant que Max retourne interroger les mêmes personnes, ne serait-ce que dans deux ans, car il y a fort à parier qu’au vu de l’inanité de leur dirigeant et au vu de ses incontestables méfaits (tant à l’intérieur qu’à l’extérieur), beaucoup d’entre eux ayant perdu et leurs illusions et leur foi en Trump, auront changé de cheval.
Autre preuve du changement de notre héros : cette nourriture ultra-transformée, que Max dit détester aujourd’hui —parce que « c’est dégueulasse »— tout autant qu’il continue à l’adorer —parce que « c’est bon »… et parce qu’il est animé par la nostalgie— elle est pourtant bel et bien restée la même qu’il y a dix ans. Elle n’est ni plus ni moins mauvaise que quand il ne lui vouait que de l’adoration. Non l’Amérique n’est pas, comme le laisse entendre l’ensemble du reportage, passé d’un coup d’un seul de l’idéal au détestable.
Oui, c’est bien le regard de Max qui a changé. Et ce que le film révèle c’est plus la quête de ce dernier pour retrouver une part d’enfance que pour retrouver le pays, la terre qu’il a vénérés. Une terre qu’il a cru comprendre et assimiler, mais qui n’a jamais existé que dans son rêve —au demeurant bien légitime— d’adolescent candide.
Ce qui, en tant que responsable d’une association qui organise des séjours de longue durée à l’étranger m’intéresse le plus dans ce long documentaire, c’est l’évidente empathie que Max conserve à l’égard de ses amis et de ces gens « de là-bas », laquelle se résume dans les propos très touchants qu’il tient à la fin de la série : « Je me suis rendu compte que de voir mes potes trumpistes, de les regarder face à face, les yeux dans les yeux, d’être là, d’être ensemble, de se toucher, de se prendre dans les bras… que ce lien qu’on a, [ça permet] en deux secondes de désamorcer ce sentiment de peur, de haine. On fantasme moins l’autre. L’antidote à la haine, c’est pas de couper les ponts […], au contraire, c’est de garder un lien. »
En l’entendant parler ainsi, on revient à la source, au sens premier du séjour originel et on en vient à espérer que les bienfaits de ce dernier perdurent. Au nom de quoi rejeter l’idée de côtoyer des gens qu’on apprécie mais avec qui on n’est pas d’accord : seul se pose en fait la question des limites. Mais Max, en optant pour un choix binaire, ne se la pose jamais.

Il est intéressant de noter qu’à l’occasion de son passage au « Quotidien | TMC », Max a été abreuvé de questions sur la dérive trumpiste des USA, mais qu’à aucun moment on ne l’a questionné sur les raisons de son attachement à sa terre d’accueil et à ses habitants, ni sur cette expérience particulièrement enrichissante vécue à l’adolescence, ni sur ce conflit intérieur qui constitue pourtant le cœur du film : « Est-ce que je vais continuer à voir ces gens-là ? »
En écoutant le présentateur Yan Barthez l’interroger, je me suis demandé si le même Max, qui ne serait pas parti aux États-Unis l’année de ses 16 ans (autrement dit un Max qui n’aurait jamais quitté la France), aurait laissé la moindre chance à des gens de l’Oklahoma de devenir ses amis, et si une partie de la chaleur réelle qui se dégageait de notre cinéaste n’était pas en partie le fruit de son année d’échange.
Et j’en suis alors venu à m’interroger sur cette condescendance bien française qui nous place facilement au barycentre de la juste pensée, qui fait croire à Max qu’en s’éloignant de l’Oklahoma (pour rejoindre Seattle, puis New-York, puis la France) il fuit tous les démons et qu’il retrouve la sérénité d’un monde sans dystopie et sans conflits intérieurs, et qui l’empêche, de son côté, de se poser cette question toute simple —mais qui ne semble pas même lui traverser l’esprit— : « Est-ce que mes amis d’Oklahoma ont ou auront, de leur côté —et notamment après avoir vu mon film— toujours envie de me voir et de m’accueillir ? »
Liste, loin d’être exhaustive, de films américains qui témoignent sans fard de tous les types de violence de la société américaine avant 2015 : Naissance d’une nation, Intolérance, Les Rapaces, L’ennemi Public, les Temps Modernes, Les raisins de la colère, To kill a Mockingbird, L’ouragan de la Vengeance, Graine de violence, West Side Story, Bonnie and Clyde, High School, Il était une fois dans l’Ouest, Law and Order, Hospital, Panique à Needle Park, Les Visiteurs, Taxi Driver, Voyage au bout de l’Enfer, Platoon, Thelma et Louise, Domestic Violence, Boys don’t Cry, Malcolm X, Tueurs nés, Kids, Elephant, Gran Torino, Le Loup de Wall Street, etc., etc.

Un œil critique sur HIGH SCHOOL RADICAL, de Max Laulom — Par Manon BREVET, 3.14
LE DOCUMENTAIRE QUI FAIT TANGUER LES CERTITUDES — Le documentaire “High School Radical” de Max Laulom est le témoignage d’une réalité : celle de la montée du trumpisme et de la banalisation d’une radicalisation généralisée aux États-Unis. Un témoignage qui fait écho à bien des étudiants d’échanges et qui bouscule les certitudes outre-Atlantique.
J’ai regardé le documentaire de Max Laulom sur Arte pour deux raisons. La première, c’est que le séjour en High School, ça me connait et que c’est au cœur de mon travail. La deuxième, c’est parce qu’on m’a dit « il faut que tu regardes, on dirait ta vie ». Ça m’a intriguée, donc j’ai regardé, et ça m’a bousculée.
Alors oui, High School Radical, a réellement fait écho à ma propre expérience. Je suis partie deux ans plus tôt que lui : en 2012, dans le même cadre : un séjour en immersion totale en famille d’accueil, dans un lycée américain. Moi aussi, j’ai eu cette sensation d’être envoyée au milieu de nulle part, sauf que, pour moi, ce n’était pas l’Oklahoma, mais le Maine. En 2012, c’était l’élection d’Obama contre Romney, victoire d’Obama. Trump n’était qu’un business man qui avait fait un caméo dans Maman, j’ai encore raté l’avion. Alors moi aussi, j’ai été choquée de son arrivée au pouvoir. Moi aussi, j’ai été heurtée de voir la haine inonder mes réseaux provenant d’ancien.ne.s ami.e.s, ou de membres de ma famille d’accueil. Et moi aussi, je me suis éloignée de ce « rêve américain » que je ne comprends plus vraiment.

Le documentaire fait largement parler de lui et à raison. C’est un témoignage authentique, qui ne ment pas et qui touche juste. Max Laulom met une réelle volonté à rester le plus neutre et le plus ouvert possible, répondant à une question simple et naïve : pourquoi ?
À le voir participer au meeting de Trump, écouter sincèrement et calmement les militants trumpistes et ses amis républicains, j’ai eu la sensation qu’il avait remis sa casquette d’étudiant d’échange. Aux jeunes qui partent dans ce type de séjour, on leur dit de s’ouvrir, de découvrir, d’écouter et, surtout, d’essayer de comprendre ce qu’ils ne comprennent pas. C’est ce que fait Max, lors de son retour en Oklahoma dix ans plus tard. Il revient aux États-Unis, des a priori plein la tête, et il les laisse du mieux qu’il peut, à l’aéroport. J’ai trouvé ça fort parce que, si c’est difficile à faire quand on a 16 ans, ça l’est d’autant plus quand on en a 26.
Le documentaire est profondément déstabilisant. En plongeant dans cette neutralité, dans cette envie de comprendre, c’est gagné. On finit, étrangement, par accepter l’engouement trumpiste qui est né sur place. Qu’il s’agisse de la puissance marketing derrière la campagne républicaine, ou des discours étonnamment modérés de leurs électeurs et électrices, impossible d’ignorer l’omniprésence de la machine Trump. On suit Max, qui est directement confronté à une dualité entre dédiabolisation des propos trumpistes et diabolisation du parti démocrate. Une dualité forte qui pousse les électeurs à choisir et à s’affronter. Dans cette pré-guerre civile où chaque camp s’affirme plus humain que l’autre, à écouter les républicains, on oublie, un instant, les conséquences néfastes de la politique trumpiste sur la société américaine. C’est perturbant, et inquiétant. Alors, si vous n’avez pas vu le documentaire, je ne vous spoilerai pas les retours à la réalité qui sont franchement violents et tristement nécessaires, mais tout ça sonne vrai, extrêmement vrai.
Max revient aux États-Unis, des a priori plein la tête, et il les laisse du mieux qu’il peut, à l’aéroport. J’ai trouvé ça fort parce que, si c’est difficile à faire quand on a 16 ans, ça l’est d’autant plus quand on en a 26.
En regardant ce témoignage, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer la situation sociétale et politique des États-Unis, à celle de la France. Cette dé diabolisation, cette envie de se dire « ce n’est pas si pire, finalement » fait écho à une réalité : cette modération, n’est permise que pour une élite privilégiée, et on oublie vite qu’on en fait partie.
À la fin de ce documentaire, j’ai retenu une chose : de notre côté de l’Océan, on regarde avec jugement la transformation de ce pays anciennement modèle de liberté. Pourtant, si ces changements se produisaient chez nous, serions-nous capables de les constater avant qu’il ne soit trop tard ?

Un œil critique sur HIGH SCHOOL RADICAL, de Max Laulom — Par Kristin BLAKE, PIE 3.14
YOU’RE ASKING THE WRONG QUESTION — Friday night football games at the local high school. A round of burgers at the local Freddy’s. The ubiquitous nature of tornado warnings. Max Laulom’s documentary High School Radical offers a vignette into his year as an exchange student in 2014 – as well as his return visit a decade later. After spending the past ten years in France, he came back to not only revisit old friends but also investigate the political climate in the Trump era.
As an American living in France, I was hesitant to watch the documentary. I’m weary of the division. I’m worn out from people making assumptions. I’m tired of people being chained to stereotypes that they’re unwilling to truly listen and to seek to understand. The rhetoric rarely changes, and it’s exhausting. And if I’m honest, I almost stopped watching midway. But I didn’t, and I’m glad I didn’t. Although his documentary portrays accurate aspects of American culture, Laulom seems led primarily by nostalgia and also fails to grasp nuance. However, I wholeheartedly agree with his conclusion: the importance of dialogue.
State of the Country
It made me smile to see so much that reminds me of my home culture in Missouri. I too spent many Friday nights on football stadium bleachers with my face painted. I’ve lost count of how many times I trudged down the stairs to our basement during a tornado warning. Microwaveable mac n’ cheese, dancing to “Cotton-Eyed Joe,” belting out “Take Me Home, Country Roads.” The warmth of his host family, the openness to discuss with new people, the hugs – so many things that I dearly love about American culture.
The documentary also unveils an unfortunately accurate portrayal of the temperature in the United States at the moment. The deep-rooted tribalism in the political sphere. The rampant misinformation and lack of education. A deep-seated fear that people on all sides of the spectrum share but for very different reasons — be it nationalism, civil war or losing a job. The painful division between families and friends.
For me, his exposé is deeply personal. Laulom observes the dangerous marriage of politics and faith that is present in some but certainly not all congregations. He witnesses the extremist rhetoric that has infiltrated this country. “It’s us or them.” “You’re with us, or you’re against us.” “They’re evil, and we’re not.” The bottom line? Laulom discovers the limits and brokenness of the two-party system with no clear solution at bay.

The Mirage of Nostalgia
In High School Radical, it’s clear that Laulom falls prey to nostalgia and lacks perspective. Max seems captivated by nostalgia, the America he once knew. But did that utopic America ever truly exist? Or was it merely a mirage of his memory?
Laulom wallows in the America that “used to be.” It seems that nostalgia is his compass on his journey. But I’m afraid to say his idea of America – the one where we all hold hands, sing “Kumbaya” and recite the Pledge of Allegiance in the streets – never existed.
Laulom is absolutely right: it is a tumultuous time culturally speaking in the United States. But what he misses is that this is nothing new. In 1857, the Supreme Court ruled that slaves were not citizens in the Dred Scott v. Sandford. In 1896, the “separate but equal” ruling was upheld and therefore affirmed segregation in Plessy v. Ferguson. (It wasn’t until 1954 in Brown v. Board of Education that this was overturned.) Shortly after, Rosa Parks bravely refused to give up her bus seat. And in 1963, Martin Luther King Jr. gave his renowned “I Have a Dream” speech. In the 1950s, a Red Scare creeped across the country under the influence of McCarthyism. In the 1960s and ’70s, civil unrest broke out in protest of the Vietnam War.
Just before the turn of the millennium, the shooting at Columbine High School shook the nation. And even around the time of Laulom’s exchange year, protests overtook the country in response to Michael Brown’s shooting in St. Louis. He seems to have an overly nostalgic and perhaps not holistic view of the “former America.” Yes, it is tumultuous culturally at the moment, but this isn’t a first.
Laulom wallows in the America that “used to be.” It seems that nostalgia is his compass on his journey. But I’m afraid to say his idea of America – the one where we all hold hands, sing “Kumbaya” and recite the Pledge of Allegiance in the streets – never existed.
The Lack of Nuance
I think what frustrated me the most about his documentary was his failure to grasp nuance. Along with allowing nostalgia to dictate his present, Laulom made a crucial error in turning a very complex situation into a black-or-white question. Even Laulom himself didn’t stay in one camp throughout the documentary. At the Trump rally, he felt moved and nearly convinced. At the Harris rally, he failed to be wooed. Even in his small town in Oklahoma – an undeniably “red” state – not everyone agreed. Not a single person that he interviewed in his documentary had the same response. Most everyone agreed that something was wrong and that there needed to be a change. But “how” is where opinions diverge.
I admire his quest to see the candidates for himself before making a decision. However, it’s essential to note that people who participate in rallies are the exception, not the rule. Laulom bases his opinions on an entire group of people by talking with a small percentage of very passionate people. According to an APM Research Lab survey, 83% of Americans have never attended a political rally or campaign event. The same study from 2024 finds that 87% of Americans have never attended a protest or demonstration in person.
Although much of his findings are accurate, Laulom fails to realize what a small speck Owassa is in the grand scheme of the United States. A country with nearly 350 million people, 50 states, over 8 million square kilometers. It is both ignorant and dangerous to apply his findings from a very select group of people to an entire people. He fails to recognize that “Republican” and “MAGA” are not inherently synonyms — neither are “conservative” and “nationalist.” Heck, even “Tiger King” Joe Exotic from behind prison bars seemed to understand the nuance.
Another crucial point: his documentary is filmed right before the election. Now that Trump has been in office for more than a year along with the arrival of various geopolitical crises, I’d be curious to see how the same people he interviewed would react. The president’s first and second terms have very different tones.
Max seems to fall into the same trap that he is criticizing: this or that, either/or, us against them. He presents the two hats as a black-and-white question. But if we reconsider all of the people he interviewed, none of them had an identical viewpoint. And interestingly enough, every one he interviewed — no matter their political stance — was extremely warm, welcoming and willing to discuss with him. Throughout the entire documentary, he forces his interviewees to make a choice between ball caps: Trump or Harris. He’s searching for a clearcut yes-or-no answer to an incredibly complex, nuanced dilemma. But he’s not asking the right question.

Where To Next?
I feared that Laulom had completely missed the point of his exchange year. Had he truly not understood the importance of choosing to engage with people from a different worldview, upbringing and language? He’s right: it is a new reality in the United States. But division will only continue to reign when we dig our heels in and refuse to communicate and to genuinely hear.
But thankfully, he found his way back at the very end of the documentary. “I realize by seeing (my Trump-supporting friends) face-to-face, looking them in the eye, being there together, touching, hugging,” Laulom said in the last episode, “that connection within a couple seconds completely defused any feelings of fear or hatred. You see them as a real person.”
Max seems to fall into the same trap that he is criticizing: this or that, either/or, us against them. He presents the two hats as a black-and-white question
“This is how humans end up killing each other, is by thinking, ‘You’re the other; you must not be a human being,’” his friend Alex said. If we choose to not engage with people with whom we disagree, our world shrinks to the size of a crumb. No, this doesn’t mean that we can’t have convictions or a sense of right and wrong; it’s about our posture. I have yet to see the fruit of responding to one type of extremism with yet another form of extremism. That’s why what we do at PIE is so important: opening ourselves up to a different worldview, setting and language. Instead of reducing countries and ethnicities to the headlines we read, we venture out to make our own observations.
“The antidote to that is not to sever all ties with anyone you don’t agree with but instead to maintain contact with them, as hard as that might be,” Laulom said. “But in a world that seems totally mired in division with hate and violence on the rise, I think that talking to people is one way we have of resisting that.”
Laulom is good at asking questions. However, the right question isn’t which hat to select, but rather: what is the way forward?








